Quelques repères historiques

extraits de la monographie rédigée en 1911 par A. Delimeux,

instituteur de Favières

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Favières (faba : fève, ière : lieu cultivé) n'est pas d'origine ancienne.

Il semble que pendant la période gauloise et gallo-romaine, le territoire se composait d'une infinité de lagunes (les marais actuels) qui faisaient suite aux étangs de Rue. La partie délaissée par la mer est de formation moderne. Elle a été conquise sur la Baie de Somme par des digues. Les renclôtures portent le nom de mollières.

Le village paraît avoir eu son église vers 1138. En 1203, le comte du Ponthieu confirme la donation antérieurement faite au trésorier par Simon de Nolette du personnat et dîmage de Favières.

Les habitants de Favières prétendaient avoir eu l'octroi d'une charte de Guillaume, comte de Ponthieu, vers 1205, leur concédant 800 mesures de marais. L'abbaye de Saint-Valery avait des droits de cens, de rente, de louage, de dîme sur tout le territoire de Favières. Les religieux tenaient ces droits d'une charte du roi Dagobert, lesquels leur ont été postérieurement confirmés par les comtes de Ponthieu. En septembre 1205, ils délimitent le marais de Favières avec les mayeur et échevins de Rue, leurs voisins.

Au moyen-âge, le chapitre de Saint-Vulfran d'Abbeville possédait la moitié de la seigneurie. L'autre moitié avait son seigneur particulier. Pendant l'époque Bourguignonne, les habitants sont obligés, à plusieurs reprises, de se réfugier dans la ville de Rue.

Les coutumes locales de Favières furent rédigées le 17 septembre 1507.

Les seigneurs ne paraissent pas avoir eu de résidence à Favières. Le village n'a pas été, que l'on sache, inquiété pendant les guerres de religion.

D'après dom Grenier, le territoire, au XVIe siècle, appartenait en total à l'abbaye de Saint-Valery. Il y avait trois fiefs, dont deux venant des Prévost qui appartenaient, au XVIIe siècle, au sieur Vaillant-Favières, en mouvance de l'abbaye. Le 3e fief appartenait au sieur Le Blond-Favières qui l'a vendu audit Vaillant. Le roi, comme comte de Ponthieu, a sur la communauté du village une prestation en avoine de 47 septiers qui a été aliénée.

Voici la liste des seigneurs jusqu'en 1789 :

  • 1362 : Jean d'Avesnes, écuyer
  • 1378 : Jacques Hénart, écuyer.
  • 1650-1691 : Claude Vaillant, écuyer, conseiller du roi, magistrat du grenier au sel d'Abbeville.
  • 1691-1728 : Philippe Vaillant, écuyer, conseiller du roi, magistrat en la sénéchaussée de Ponthieu et siège présidial d'Abbeville, lieutenant particulier en la sénéchaussée de Picardie.
  • 1728-1777 : Marie Gertrude Vaillant, femme de François-Joseph de Licques, marquis de Licques et de Favières.
  • 1789 : Charles-Antoine Pappin de Caumaisnil, chevalier, par achat sur les derniers marquis de Licques.

La section du Hamelet avait ses seigneurs particuliers.

  • 1500-1531 : Philippe du Crocq, écuyer.
  • 1531-1575 : Catherine du Crocq, femme de Louis des Essarts de Meigneux, écuyer.
  • 1575-1620 : François des Essarts de Meigneux, gouverneur de Montreuil- sur-Mer, chevalier de l'ordre du roi et gentilhomme de sa chambre.
  • 1620-1650 : François des Essarts, capitaine au régiment d'Aumerville, mort sans postérité, eut pour héritier son neveu.
  • 1650-1660 : Jérôme des Essarts, chevalier.
  • 1660-1710 : Charles des Essarts, lieutenant du roi et de la ville et citadelle de Rue. [Un acte notarié en notre possession affirme cependant qu'en 1714, il est toujours seigneur du Hamelet]
  • 1710-1772 : Louis, comte des Essarts, capitaine général des côtes. Décédé en 1772 à 73 ans.
  • 1780 : Charles Marie-Hubert, marquis des Essarts.

L'Eglise de Favières

L'église de Favières remonte au-delà du XIe siècle. La nef est en cailloux ronds ou galets et en pierres blanches; des parties de mur ont été refaites en briques. Elle est voûtée en planches. Les fenêtres appartiennent au style roman. Le clocher a du être reconstruit dans les temps modernes. Il est mi-partie en briques, mi-partie en charpente. Une horloge qui, trop souvent, trouve bon d'immobiliser ses aiguilles sur les mêmes chiffres, orne la façade de son superbe cadran.

Le choeur de l'église est beaucoup plus haut que la nef. C'est l'oeuvre de la communauté. Il est tout entier en pierres blanches et voûté à nervures. Les fenêtres sont de style ogival ; elles ont de fort beaux vitraux d'art de l'époque actuelle. Une petite chapelle s'ouvre dans le choeur, côté sud; elle est éclairée par une fenêtre ogivale.

Un bel orgue est placé au-dessus de la porte d'entrée principale. L'église n'est pas riche, mais elle est bien meublée et ornée avec goût.

Le patron est saint Jean-Baptiste.

La veille du 24 juin, le feu traditionnel de la Saint-Jean est allumé, par les soins du clergé, sur une minuscule placette du village.

Le presbytère, construit en 1866, est à proximité de l'église. Il répond aux conditions de confort de notre époque.

Curés de Favières
Vicaires de Favières
1683 : F. Ternizien 1709 : Leconte
1691 : Féré 1730 : Dupont
1708 : Blondel 1745 : Sueur
1709 : Obré 1755 : Ramet
1733 : Loûette 1767 : Maillet
1780 : Mantel 1772 : Deslaviers
1800 : Delahaye1777 : Patte
1844 : Elloy 1788 : Delahaye
1856 : Gaffet 1791 : Ferrand Claude François
1856 : Thuillier 1792 : Delahaye
1883 : Morel  


L'Eglise du Hamelet

Le Hamelet, section de Favières, formait avec Morlaix, le Pomplimont et Hamel, une paroisse succursale de Nolette, aujourd'hui annexe de Noyelles-sur-Mer. L'église, où les offices du culte ne sont plus célébrés depuis quelques années, se compose d'un campanile, construit en pierres très dures et en briques, qui fait corps avec la nef. Il est percé d'une ouverture où sommeille une clochette.

La nef est en galets. Elle est éclairée par quatre fenêtres de style roman. Le choeur, bâti en pierres blanches, est plus élevé que la nef. Il est éclairé par cinq fenêtres ogivales avec meneaux en trèfle. Plusieurs de ces fenêtres avaient de bien jolis vitraux du XVIe siècle, sur lesquels on remarquait les armes des seigneurs du Hamelet. Presque tous ces vitraux sont brisés.

Nous avons vu dans cette chapelle, il y a quelques années, deux bénitiers en cuivre complètement vert-de-grisés. Ils sont aux armoiries des châtelains du lieu, vivant sous Louis XIV.

Nous ignorons si ces bénitiers ont été inventoriés et s'ils font encore partie du mobilier de la chapelle.

Le patron est saint Corneille, qu'on fête le 16 septembre. Le presbytère, devenu propriété communale, a été démoli.

Curés ou vicaires du Hamelet :

  • 1668 : Béthouart
  • 1676 : Frémont
  • 1698 : Féré, curé de Favières
  • 1708 : Blondel, curé de Favières
  • 1709 : Obré, curé de Favières
  • 1718 : Duval
  • 1737 : Masson
  • 1747 : Descannoix
  • 1757 : Deunet
  • 1760 : Bouteiller
  • 1761 : Bourdon
  • 1774 : Roy [L'acte de décès du seigneur du Hamelet en 1772 indique que Roy est curé de Nolette et que Gosset est vicaire du Hamelet]
  • 1787-1792 : Mellier

Temps actuels

La Révolution affranchit la propriété. Elle vend les domaines seigneuriaux. Le 5 mai 1791, 36 mesures de terre appartenant à l'abbaye de Saint-Valery sont adjugées au prix de 10075 livres.

Les habitants sont restés étrangers aux excès révolutionnaires.

En 1814 et en 1815, les Anglais ruinent le pays.

Pendant l'invasion allemande (1870-1871), le village nourrit pendant 3 mois, 600 soldats étrangers. 25 jeunes gens de Favières sont sous les drapeaux pendant l'année terrible ; un conscrit meurt de la fièvre typhoïde à Paris.

En 1881 et 1884, sont nés à Favières les frères Caudron, pionniers de l'aviation.


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